Bonjour !
LâannĂ©e derniĂšre, jâai rĂ©ussi Ă quitter Google et jâai rejoint Infomaniak pour les mails et le drive partagĂ©. Je suis assez content de ce dĂ©mĂ©nagement mais ça nâa pas rĂ©solu mon usage de certains autres logiciels (Spotify et Notion notamment).
Infomaniak ne pouvant pas rĂ©pondre Ă ces besoins, je me suis mis en quĂȘte de logiciels Ă hĂ©berger sur mon NAS Synology. HĂ©las, je nâai rien trouvĂ© de suffisamment lĂ©ger pour sâexĂ©cuter rapidement sur mon petit NAS.
Jâai un profil pas trop geek : Je ne suis pas dĂ©veloppeur, ni administrateur rĂ©seau. Mais jâutilise plusieurs machines au quotidien (un pc fixe, un pc portable, un NAS) et jâaime bien rĂ©cupĂ©rer du matĂ©riel informatique pour bricoler. Bref, sans ĂȘtre un pro du secteur, je suis pas non plus totalement novice. Je dĂ©taille ici la mise en place de mon âmini cloudâ personnel, car je pense que mon profil, plutĂŽt monsieur tout le monde, peut montrer Ă des gens au profil similaire que ce projet reste accessible.
Jâai donc dĂ©cidĂ© le mois dernier de monter mon serveur maison pour rĂ©pondre Ă mes besoins : Le drive partagĂ© (je tiens Ă garder des docs modifiables Ă plusieurs), un notion-like et un spotify-like. Je suis restĂ© chez Infomaniak pour les mails car ça me semble trop dangereux de rapatrier le serveur mail chez moi, si jamais jâai une panne.
Concernant le matĂ©riel, jâai commencĂ© par opter pour une infrastructure avec des Raspberrys, et en rĂ©utilisant les disques des mon NAS. Jâavais 2 Raspberrys pi dans un tiroir et des lecteurs USB-SATA. Je voulais un serveur principal sur lequel sont exĂ©cutĂ©s les logiciels et un second chez un ami qui duplique en permanence le contenu du premier en cas de problĂšme.
HĂ©las je nâai pas rĂ©ussi Ă rĂ©soudre un gros problĂšme : MalgrĂ© lâalim officiel Raspberry (5A en 5V) et une alim dĂ©diĂ©e pour le lecteur de disque, le lecteur de disque SATA se dĂ©connectait du Raspberry et faisait planter les logiciels. AprĂšs des heures de recherches, jâai capitulĂ©.
Et rĂ©cemment, en allant Ă la dĂ©chetterie, je suis tombĂ© sur un PC gamer dans une benne. Je lâai rĂ©cupĂ©rĂ© et tout Ă©tait mort (ou absent) sauf lâalimentation de 500W. Je me suis donc mis en quĂȘte de monter un PC en dĂ©pensant peu. Vu que jâai tendance Ă garder pleins de trucs, jâavais quelques composants en stock, notamment une carte mĂšre quâun ami qui avait montĂ© un ordi dans son entreprise mâavait donnĂ© car lâemplacement PCI express Ă©tait en panne, deux barrettes de RAM de 8Go et un petit SSD M2 de 64Go trouvĂ© en braderie cette annĂ©e. Il me manquait le processeur que jâai achetĂ© 30⏠sur Leboncoin (un Ryzen 5 pas si vieux).
Et voilĂ , jâai pu monter un vrai PC et y brancher mes disques durs directement en SATA.
Pour le PC de backup, jâai utilisĂ© un PC Dell dâentreprise de 2002 (il a 2go de RAM et un Intel Pentium 4) que jâavais rĂ©cupĂ©rĂ© Ă©galement dans une benne quand jâĂ©tais au lycĂ©e (et qui attendait depuis 13 ans dans le grenier de mes parents). Ce PC a beau avoir 25 ans, il a quand mĂȘme du SATA et a reconnu le gros disque dur.
Le serveur principal

Le PC de 2002

Pour les OS, jâai installĂ© Ubuntu Server 26.04 sur le serveur principal et Debian 12 en 32 bits sur le serveur de backup car il a une architecture 32 bits (il est vraiment trĂšs vieux đ ).
Jâai dĂ©couvert comment utiliser un ordinateur en ligne de commande. Ăa mâa pris plusieurs semaines avant de retenir les commandes les plus courantes, mais câest cool. Maintenant je nâai plus trop besoin de me rĂ©fĂ©rer Ă mon mĂ©mo que je mâĂ©tais fait pour utiliser les ordis.
Et jâai donc installĂ© Docker (et docker compose). Ce logiciel est assez Ă©trange pour moi (ce nâest ni un Ă©mulateur, ni un launcher) et je suis trĂšs content dâavoir dĂ©couvert ce site qui mâa permis dây voir plus clair et apprendre les bonnes pratiques. Si vous ne savez pas ce quâest Docker, voici une explication.
Ensuite, au sein de Docker, jâai installĂ© ces logiciels :
- Nextcloud : Un logiciel de drive trĂšs complet
- Collabora Online : La suite bureautique qui sâintĂšgre dans Nextcloud
- Immich : Une photothĂšque qui ressemble beaucoup Ă Google Photos
- Docmost : Notion-like mais sans les bases de données (hélas)
- Navidrome : Une bibliothĂšque pour la musique
- Note : Pour Ă©couter la musique, jâutilise Symphonium depuis mon tĂ©lĂ©phone et Feishin depuis mon ordi
- Nginx Proxy Manager : Ce logiciel permet de passer dâune IP Ă une URL. Jâai utilisĂ© un nom de domaine que jâavais chez Infomaniak pour lier lâIP et les ports des logiciels vers des sous domaines (exemple : drive.pierrevlg.fr). Câest super pratique et plus simple Ă utiliser par mes proches que de leur dire quâils doivent installer un client VPN pour accĂ©der aux services.
- MiniDLNA : Ce logiciel permet au lecteur CD de mon salon dâaccĂ©der Ă la musique depuis le rĂ©seau local.
- Syncthing : Câest le logiciel de backup que jâai installĂ© sur les deux serveurs pour backuper en permanence les donnĂ©es. A noter que Docker nâest pas dispo en 32 bits donc impossible Ă installer sur le PC de backup. Mais Syncthing existe en 32bits et jâai pu lâinstaller directement sur lâOS.
- Termix : Câest un logiciel pour accĂ©der Ă distance en SSH aux diffĂ©rents ordis.
Au sein de Ubuntu, jâai Ă©galement installĂ© SMB pour accĂ©der aux fichiers depuis le rĂ©seau local.
Concernant la musique : Ăvidemment, pour garnir ma bibliothĂšque, jâai un peu galĂ©rĂ©. Voici mon processus : Jâai extrait tous mes CD avec Whipper en FLAC. Whipper annote automatiquement les fichiers pour quâils aient une pochette et les bonnes mĂ©tadonnĂ©es. Maintenant que jâai extrait tous mes CD, soit jâachĂšte ma musique sur Bandcamp soit jâextraie les CD de mes amis.
Si ça intéresse des gens, je peux détailler certains aspects de cette mise en place (configuration du reverse proxy Nginx Proxy Manager avec Infomaniak, configuration de Syncthing pour que ça backup bien tous les disques comme il faut etc).
Le bilan
Ca marche super bien. Les deux PC sont trĂšs stables, mĂȘme lorsque toute la famille est en train dâutiliser les diffĂ©rents services. Je suis trĂšs content dâavoir pu exploiter tout ce matĂ©riel dâoccasion. Notamment le vieux PC de 2002 que je nâimaginais pas pouvoir utiliser un jour.
Ătant nĂ©ophyte de Linux, la mise en place de ces logiciels sur un serveur a Ă©tĂ© vraiment compliquĂ©e. Lorsque les raspberrys crashaient, jâai failli capituler. En plus, apprendre Ă utiliser un ordi en ligne de commande via SSH, Ă©diter un .yaml sans faire dâerreur, apprendre Ă utiliser Linux en fait, câest vraiment dur, il faut sâaccrocher. Mais câest pas insurmontable et câest satisfaisant dây arriver. Et câest cool de comprendre un peu mieux ce pan de lâinformatique que jâavais toujours regardĂ© en me disant que câĂ©tait trop geek pour moi. Je pense que jâai passĂ© 5 ou 6 jours cumulĂ©s Ă mettre tout ça en place. Mais si je devais le refaire, maintenant que je comprends un peu mieux comment marche tout ça, je pense que ça me prendrait une journĂ©e.
Et lâargent : Monter son propre serveur nâest pas Ă©conomique, mais ça va encore.
Spotify Famille + le drive Infomaniak coute environ 280⏠par an. Câest Ă peu prĂšs les seules dĂ©penses que jâavais.
Ici, jâai limitĂ© les frais en rĂ©cupĂ©rant du matĂ©riel. Si jâavais du payer le matĂ©riel, voici grosso modo ce que ça aurait pu couter :
- Serveur principal (Ryzen 5, 16go de ram) : 500âŹ
- Serveur de backup : 100âŹ
- Disques durs : 300âŹ
Et concernant les frais de fonctionnement :
- Nom de domaine : 10⏠par an
- ĂlectricitĂ© : 50⏠par an
La premiĂšre annĂ©e, cette infrastructure aurait pu couter 960âŹ. Puis 60⏠les annĂ©es suivantes. Il aurait donc fallu attendre 5 ans pour que ça devienne plus rentable que Spotify/Infomaniak. En vrai ça va, dâautant que le serveur peut hĂ©berger dâautres services normalement payant.
Dans mon cas, vu que jâai rĂ©cupĂ©rĂ© pas mal de matĂ©riel, ça me coute donc 90⏠cette annĂ©e (30⏠pour le processeur que jâai achetĂ©, 50⏠pour lâĂ©lectricitĂ© et 10⏠pour le nom de domaine) et ça me coutera 60⏠les annĂ©es suivantes.
AprĂšs, il est possible de soutenir les logiciels quâon apprĂ©cie en faisant des dons, ce qui augmente les dĂ©penses. Et il faut aussi compter lâachat des musiques sur Bandcamp, Discogs etc.
Et lâĂ©cologie : Jâimagine quâil est compliquĂ© de comparer cet usage âcloudâ Ă celui que nous aurions pu avoir avec les services du commerce. Les Ă©conomies dâĂ©chelle des hĂ©bergeurs de donnĂ©es rendent probablement le cout Ă©nergĂ©tique par utilisateur assez faible. Dâautant quâInfomaniak redistribue la chaleur gĂ©nĂ©rĂ©e par ses datacenters pour chauffer des logements. De mĂȘme, mĂȘme si les hĂ©bergeurs changent rĂ©guliĂšrement le matĂ©riel, cet impact doit ĂȘtre faible ramenĂ© Ă lâutilisateur.
Je pense que lâimpact Ă©cologique de mon âmini cloudâ est donc minime face Ă lâusage que nous avions quand nous Ă©tions chez Spotify, Infomaniak et Notion. NĂ©anmoins, je peux quand mĂȘme en partie quantifier lâimpact de mon infrastructure :
- Niveau matĂ©riel : Tout le matĂ©riel est dâoccasion voire devait finir Ă la benne (sauf les disques durs qui proviennent de mon ancien NAS). Dâailleurs, ce NAS nâa pas terminĂ© sa vie. Je lui ai mis 4 disques durs de 2to que jâavais rĂ©cupĂ©rĂ© (pour 4to effectifs en RAID) et il sert de stockage pour lâadministratif du restaurant dâune amie.
- Niveau Ă©lectricitĂ©, lâensemble de ma âbaie informatiqueâ (box Internet, switch ethernet et le serveur) consomme moins de 8000 Wh sur une semaine classique, soit moins de 400 kWh par an. Le serveur de backup consomme moins de 3000 Wh en moyenne sur une semaine, soit moins de 200 kWh par an. Je trouve que câest une consommation Ă©lectrique assez sobre, dâautant que nous sommes 8 Ă utiliser le serveur (ma famille et des amis).
Maintenant lâobjectif est de faire tenir cette petite infrastructure le plus longtemps possible. Et ma volontĂ©, maintenant que tout est en place et tourne sans problĂšme, est dây allouer le moins de temps possible. Jâai documentĂ© tout ce que jâai fait et jâai notĂ© toutes les manips et commandes Ă faire pour mettre Ă jour les logiciels. Je pense donc aller voir si tout va bien et mettre Ă jour si besoin une fois tous les 2 mois.
La suite : Je suis Ă lâaffut dâun systĂšme dâonduleur avec batterie dâoccasion (jâai dĂ©jĂ une batterie de moto au plomb quâil ferait bien lâaffaire) pour maintenir une alimentation du serveur en cas de panne de courant. LâidĂ©e nâest pas dâassumer une alimentation Ă©lectrique de plusieurs heures, juste de permettre au serveur de sâĂ©teindre proprement en cas de coupure (et se relancer tout seul une fois le courant revenu).
Jâimagine quâil doit y avoir ici pas mal de personnes qui âself hostâ dĂ©jĂ leurs logiciels. Mais comme dit au dĂ©but, je me dis que mon profil pas trop geek peut donner envie Ă dâautres de passer le pas. Jâai passĂ© plusieurs semaines entre le moment oĂč jâai commencĂ© et aujourdâhui oĂč je constate que mes serveurs ne nĂ©cessitent presque plus de maintenance. CâĂ©tait long et chiant par moment mais je suis trĂšs content.
Bonne journée !

